Dépendance

Voici une dictée composée par Marie-Josée Roch, monitrice en français écrit au CARÉ. Cette dictée comprend 33 pièges variés.

Photo: Béatrice Viens Côté

bandeau_antidote

Dépendance

J’ai compris une fois pour toutes que même l’amitié la plus sincère ne peut venir à bout de la dépendance. Depuis une semaine et demie, je n’ai plus de nouvelles de cette prévaricatrice ni des deux-mille dollars que cette expérience m’a couté. Ce prêt, je l’avais consenti à court terme, et sans aucuns frais de surcroit. Les regrets et les remords me hantent à présent. « Fais-moi confiance! » me déclarait-elle. « On se connait depuis l’enfance », me répétait-elle. Il n’en demeure pas moins que j’ignorais son pernicieux penchant pour les jeux vidéos. Si au moins elle s’était contentée de jouer sur une console à domicile. Non! elle est devenue accro des jeux de poker en ligne. Cette réalité a échappé à ma perspicacité : je n’ai aucunes félicitations à me faire. J’aurais porter une attention particulière aux qu’en-dira-t-on. Bref, cette admonestation, je ne suis pas prête à la jeter aux oubliettes.

Dépendance : n. f. Fait pour une personne ou une collectivité de dépendre de quelqu’un ou de quelque chose.

compris : part. passé du verbe comprendre. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand le complément direct (ici que même l’amitié la plus sincère ne peut venir à bout de la dépendance) est placé après le verbe.

une fois pour toutes : adv. Définitivement. À noter que toutes est au féminin pluriel puisqu’il s’agit d’un pronom indéfini qui remplace le groupe nominal toutes les fois. Ne pas confondre le nom fois (« occurrence d’un évènement ») avec les noms homophones foi (« croyance », « confiance ») et foie (« organe »).

venir à bout de : loc. verb. [Figuré] Vaincre quelqu’un, quelque chose.

et demie : conj. de coordination et suivie du nom demi(e). L’expression et demi(e), qui suit toujours un nom, s’accorde en genre avec le mot qu’elle qualifie (ici semaine), mais jamais en nombre. Elle reste toujours au singulier parce qu’elle signifie « et un(e) demi(e) ».

nouvelles : n. f. nouvelle au pluriel. Nouvelles : informations concernant ce qu’il y a de nouveau à propos de quelqu’un dont on n’a pas entendu parler depuis longtemps. Dans ce sens, le nom nouvelle s’emploie toujours au pluriel; dans une formulation positive, on dirait : j’ai des nouvelles, j’ai de ses nouvelles.

prévaricatrice : n. prévaricateur au féminin singulier. [Soutenu] Personne coupable de prévarication (« action de manquer aux devoirs de sa charge; concussion, malversation, détournement de fonds publics »).

deux-mille OU deux-mille : déter. num. cardinal (détermine dollars). À noter que le déterminant numéral cardinal mille est toujours invariable. Graphie rectifiée : deux-mille (avec un trait d’union); les rectifications orthographiques recommandent de lier avec un trait d’union toutes les composantes d’un nombre complexe, quelle que soit leur valeur, et même en présence de la conjonction et (vingt-et-un). Traditionnellement, on met un trait d’union seulement entre deux nombres dont la valeur respective est inférieure à cent; ici, on ne met pas de trait d’union en graphie traditionnelle, étant donné que mille a une valeur supérieure à cent.

dollars : n. m. dollar au pluriel. Unité monétaire de plusieurs pays (symbole $). Le nom dollar s’écrit sans d final. À ne pas confondre avec le prénom homophone Dollard.

couté OU coûté : part. passé du verbe couter au masculin singulier. Le verbe couter introduit souvent un complément adverbial de mesure que l’on ne doit pas confondre avec un complément direct. Ici, le participe passé couté introduit le complément adverbial de mesure deux-mille dollars. Il reste donc invariable. Graphie rectifiée : couté (sans accent circonflexe).

prêt : n. m. Somme d’argent prêtée. À ne pas confondre avec l’adverbe homophone près (« à proximité »).

consenti : part. passé du verbe consentir. Accepter; autoriser qu’une chose se fasse. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde lorsque le complément direct (ici l’) est placé à gauche du verbe. L’antécédent du complément direct l’ est le prêt. Par conséquent, le participe passé doit s’accorder au masculin singulier.

aucuns : déter. indéf. aucun au masculin pluriel (détermine frais). Pas même un. Ici, le déterminant aucun doit exceptionnellement s’accorder au pluriel, puisqu’il détermine le nom frais, qui est toujours au pluriel.

frais : n. m. pl. Dépenses d’argent occasionnées par une opération quelconque, couts. Attention : le nom frais est toujours pluriel (les frais de livraison, les frais professionnels, voyager aux frais de quelqu’un, etc.).

de surcroit OU de surcroît : adv. De plus. Graphie rectifiée : surcroit (sans accent circonflexe).

regrets : n. m. regret au pluriel. Mécontentement, chagrin d’avoir ou de ne pas avoir fait quelque chose.

remords : n. m. Sentiment douloureux causé par la conscience d’avoir mal agi. Attention : le nom remords s’écrit toujours avec un s final (un remords, des remords).

connait OU connaît : v. connaitre au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : On). Entretenir des relations sociales avec quelqu’un. Graphie rectifiée : connait (sans accent circonflexe).

pernicieux : adj. (s’accorde avec penchant). Qui peut porter préjudice.

penchant : n. m. Inclinaison naturelle vers un certain but, vers un comportement.

jeux vidéos OU vidéo : loc. nom. m. jeu vidéo au pluriel. [Informatique] Jeu interactif contenant des images vidéos ou de synthèse, fonctionnant sur un microordinateur ou sur une console de jeu, et dans lequel le joueur contrôle l’action qui se déroule à l’écran à l’aide d’un clavier, d’une souris ou d’une manette de jeu. Graphie rectifiée : en emploi adjectival, vidéo est traditionnellement invariable; les rectifications orthographiques ont régularisé son pluriel : vidéos.

contentée : part. passé du verbe contenter au féminin singulier (s’accorde avec elle). Se contenter de : se borner à; ne rien demander de plus que. En contexte pronominal, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le sujet quand le pronom se est, comme ici, sans fonction logique. Ici, le sujet est le pronom elle.

console : n. f. Pupitre ou boitier qui réunit les commandes d’un appareil complexe.

devenue : part. passé du verbe devenir au féminin singulier (s’accorde avec elle). Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire être s’accorde en genre et en nombre avec le sujet (ici elle).

accro : adj. (s’accorde avec elle). [Familier] Fanatique de.

poker : n. m. Jeu de cartes d’origine américaine où il s’agit d’obtenir la meilleure combinaison de cinq cartes.

échappé : part. passé du verbe échapper. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand il s’agit d’un verbe transitif indirect.

perspicacité : n. f. Qualité d’une personne qui est capable de comprendre des choses qui passent inaperçues pour les gens en général.

aucunes : déter. indéf. aucun au féminin pluriel (détermine félicitations). Pas même un. Ici, le déterminant aucun doit exceptionnellement s’accorder au pluriel puisqu’il détermine le nom félicitations, qui est toujours au pluriel dans le sens où on l’emploie ici.

dû : part. passé du verbe devoir. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir reste invariable lorsqu’il le complément direct est placé après le verbe, ce qui est le cas ici, le complément direct étant la proposition infinitive porter une attention particulière aux qu’en-dira-t-on. Attention : malgré l’orthographe rectifiée, garde l’accent circonflexe sur le u pour le distinguer de son homophone, le déterminant du.

qu’en-dira-t-on : n. m. Commérage, bavardage, médisance. Le nom qu’en-dira-t-on est toujours invariable (un qu’en-dira-t-on, des qu’en-dira-t-on).

admonestation : n. f. [Soutenu] Vive réprimande, avertissement sévère.

jeter aux oubliettes : loc. verb. Mettre quelque chose complètement de côté, ne plus s’occuper de quelque chose.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *