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Grande Dictée Éric-Fournier 2016

Voici la Grande Dictée Éric-Fournier 2016, composée par Geneviève Rivest et lue par Claudia Larochelle. (131 pièges)

Quand les femmes se cachent pour mourir

C’est une femme au corps sculptural passé(s) à mainte(s) reprise(s)au bistouri. Tous les êtres qui l’entourent procèdent d’une tranquillité hypocrite, mais, elle, elle gravite en sens antihoraire. Assise à droite de l’abat-jour, la demoiselle aux yeux vert pâle contemple à travers la baie vitrée le spectacle d’une société pernicieuse. Derrière cet amorphisme imperturbable fusent des questions sans réponse(s). Vous voyez, le drakkar poursuit sa route, mais il y a détonation à l’intérieur du cockpit du capitaine. Quoique les inhibiteurs soient censés rétablir les neurotransmetteurs, c’est sens dessus dessous que s’entremêlent des mots qui ne guérissent pas les maux. Les comprimés de lithium et d’escitalopram n’arrivent pas à faire disparaitre la lypémanie.

Tous la comparent à une statue michelangélesque qui égale le David dans sa féminité. Les années durant lesquelles elle a vécu dans ce pays de mirage(s) lui rappellent une existence empreinte de futilité(s). À l’ère avoir l’air est mère d’un univers éphémère, la Faucheuse erre dans ce désert où il vaut mieux se taire. Parfois, la soif de se libérer atteint même l’apothéose finale. Il y a un espace vacant entre le cœur et la raison, convainquant l’éperdue d’un bonheur utopique. Au demeurant, cet interstice laisse subodorer les travers d’un faux-semblant.

À six heures trente-deux, heure de l’Est, un passereau niché à la cime d’un gigantesque séquoia entame un refrain. La mélancolie qu’engendrent ses chants spleenétiques transperce les cœurs tel un archer ayant habilement manipulé son anse tendue. Chaque note de la gamme crie haro sur un monde dans lequel il n’est que marionnette. Parmi les conifères, l’oiseau demeure immobile. Depuis que l’inertie s’est emparée de ses ailes, quelque dix-mille levers de soleil se sont succédé sans qu’il quitte cette branche qui le supporte. D’ailleurs, d’aucuns le caractérisent comme un intrus aux splendeurs aériennes.

Je pourrais continuer à exécuter des arabesques coordonnées par un afflux d’idées ad vitam æternam. En toute honnêteté, ces vocables se sont faufilés dans mon portevoix sans crier gare. Des mots, donc, qui m’ont entrainée dans cette chorégraphie bellissime afin d’interrompre un silence pythagorique. En fait, je ne suis nulle autre que cette estafette tentant le plus adroitement possible de livrer un message à son escadron. Avec un peu d’espoir dans le ventre, je suis une vaillante soldate croyant encore innocemment à ce havre de paix, à un monde la douleur humaine n’est point le visage caché du conformisme sociétal.


Expressions de départage (non comptées dans la dictée)

  1. un taurillon primesautier
  2. une plante halophyte qui croît incessamment
  3. une anhélation asphyxiante qui l’époustoufle
  4. l’abattement neurasthénique du schizophrène
  5. une brusquerie anaphylactique

 

Corrigé

se : pron. pers. féminin pluriel (mis pour les femmes). La personne ou la chose en question qui sont les mêmes que celles dont il vient juste d’être question dans la même proposition (réfléchi ou réciproque). À ne pas confondre avec le déterminant ou le pronom démonstratif ce (ce jeu, ce sont mes amis).

mourir : v. Cesser de vivre. Ce verbe s’écrit avec un seul r dans son radical, contrairement à nourrir, qui en prend deux. Une astuce : on meurt une seule fois (un r), alors qu’on se nourrit plusieurs fois (deux r).

sculptural : adj. (s’accorde avec corps). Qui évoque la sculpture, la beauté des sculptures classiques. Ne pas oublier le p, généralement non prononcé.

passé OU passée : part. passé du verbe passer employé comme adjectif, au masculin ou au féminin singulier (s’accorde avec corps ou avec femme). Soumis. Note : bien que l’accord avec le nom corps soit plus spontané sémantiquement, on accepte également l’accord au féminin singulier avec le nom femme (une femme passée à maintes reprises au bistouri).

maintes reprises OU mainte reprise : déter. indéf. maint au féminin, suivi du nom féminin reprise(s). [Soutenu] Beaucoup de. À maintes reprises : loc. adv. Souvent. Note : le déterminant maint signifie « beaucoup de », même quand on l’emploie au singulier. On peut donc écrire indifféremment maintes reprises ou mainte reprise, quoique le pluriel maintes reprises soit plus fréquent. Dans les deux options, le déterminant et le nom doivent être du même nombre.

bistouri : n. m. [Chirurgie] Instrument de chirurgie à lame courte et tranchante, destiné à faire des incisions dans les chairs.

Tous : déter. indéf. tout au masculin pluriel (s’accorde avec êtres) ; forme avec les le déterminant complexe tous les. Marque l’intégralité de l’ensemble des êtres.

entourent : v. entourer au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : qui, mis pour Tous les êtres). Être autour de soi, près de soi.

procèdent : v. procéder au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : Tous les êtres qui l’entourent). Procéder de : [Soutenu] Tirer son origine de.

tranquillité : n. f. État de ce qui est sans inquiétude, de ce qui n’est pas dérangé ; stabilité morale. Ce nom s’écrit avec deux l, comme l’adjectif tranquille.

hypocrite : adj. (s’accorde avec tranquillité). Dans lequel il y a de l’hypocrisie.

antihoraire : adj. (s’accorde avec sens). Dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Cet adjectif s’écrit sans trait d’union.

Assise : adj. assis au féminin singulier (s’accorde avec demoiselle). En appui sur le postérieur en ayant le dos vertical et les cuisses horizontales. Assise remplit ici la fonction d’épithète détachée du sujet, d’où l’accord avec demoiselle.

abat-jour : n. m. Réflecteur d’une lampe qui en rabat ou en atténue la lumière. Ce nom s’écrit avec un trait d’union.

vert pâle : loc. adj. inv. Dont le vert tire sur le blanc. Quand on lui appose un adjectif ou un nom, l’adjectif de couleur reste toujours invariable ; dans ces emplois de l’adjectif, c’est le nom commun qui est en fait sous-entendu : d’un vert pâle, d’un vert pomme.

contemple : v. contempler au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : la demoiselle aux yeux vert pâle). Observer de façon attentive et soutenue, habituellement avec admiration.

baie vitrée : loc. nom. f. Large ouverture dans un mur munie d’une vitre. Ne pas confondre dans cette expression le nom baie et le nom homophone bey (« souverain turc »), ni les adjectifs bai (« brun rouge ») ou bée (bouche bée, « ouverte »).

pernicieuse : adj. pernicieux au féminin singulier (s’accorde avec société). Qui peut porter préjudice.

cet : déter. dém. ce au masculin singulier, dans sa forme euphonique (détermine amorphisme). Pour préserver l’harmonie des sons d’une phrase — son euphonie —, certains déterminants changent de forme quand ils précèdent un mot commençant par une voyelle ou par un h muet. C’est le cas du déterminant ce, qui devient cet devant le nom masculin amorphisme, qui commence par une voyelle. À ne pas confondre avec la forme féminine cette du déterminant (cette joie, cette amie).

amorphisme : n. m. Indifférence, absence d’individualité.

imperturbable : adj. (s’accorde avec amorphisme). Que rien ne réussit à ébranler.

fusent : v. fuser au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : des questions sans réponses). Éclater, jaillir comme une fusée.

réponse OU réponses : n. f. Parole ou écrit servant à répondre à quelqu’un. Quand un nom sans déterminant suit la préposition sans, ce nom peut être singulier ou pluriel selon le sens ou la logique de la phrase, une fois ramenée à un contexte positif. Il faut donc penser positivement ! Pour savoir si le nom réponse doit être singulier ou pluriel dans des questions sans réponse(s), on pose la question suivante : s’il y en avait, y aurait-il une seule réponse aux questions ou, au contraire, plusieurs réponses ? Dans le cas présent, les deux options sont possibles, d’où l’accord facultatif au singulier ou au pluriel.

voyez : v. voir au présent de l’indicatif, 2e personne du pluriel (sujet : Vous). Vous voyez : expression qui se place en tête de phrase ou en élément incident pour inviter à la réflexion. Attention : ce verbe s’écrit sans i au présent de l’indicatif, mais en prend un au subjonctif (il faut absolument que vous voyiez ceci).

drakkar : n. m. Navire à voiles carrées et à rames que les pirates normands et les navigateurs scandinaves utilisaient pour leurs expéditions. Ne pas oublier le double k.

détonation : n. f. Bruit violent produit par une explosion. Attention : ce mot s’écrit avec un seul n dans son radical ; il appartient à la même famille que le verbe détoner écrit avec un n (« exploser »), et non à celle de détonner écrit avec deux n (« fausser en chantant », « contraster »).

cockpit : n. m. Creux dans le pont d’un navire de plaisance.

Quoique : conj. de subord. Bien que. Attention : on écrit quoique en un mot ici puisqu’on veut signifier « bien que ». En deux mots, quoi que signifie « quelle que soit la chose que… » (nous serons toujours à tes côtés, quoi que tu fasses).

inhibiteurs : n. m. inhibiteur au pluriel. [Biochimie] Substance qui a pour effet de ralentir ou d’arrêter une réaction chimique, biochimique.

soient : v. être au présent du subjonctif, 3e personne du pluriel (sujet : les inhibiteurs).

censés : adj. censé au masculin pluriel (s’accorde avec inhibiteurs). Qui est supposé, considéré comme. À ne pas confondre avec l’adjectif homophone sensé (« qui a du bon sens »).

neurotransmetteurs : n. m. neurotransmetteur au pluriel. [Biochimie] Substance émise par une synapse et servant à acheminer l’influx nerveux. Attention : ce nom s’écrit sans trait d’union.

sens dessus dessous : loc. adv. Dans un grand désordre. Attention : c’est le nom sens, et non la préposition sans, qu’on trouve dans cette expression. La confusion fréquente s’explique par le s final de sens, muet dans cette expression. On ne met pas de trait d’union entre dessus et dessous.

entremêlent : v. s’entremêler au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : des mots qui ne guérissent pas les maux). Se mélanger. Attention : ce verbe s’écrit sans trait d’union.

mots : n. m. mot au pluriel. Groupe de sons qu’on représente graphiquement en le délimitant par des espaces. À ne pas confondre avec le nom homophone maux, pluriel du nom mal.

guérissent : v. guérir au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : qui, mis pour des mots). Faire disparaitre quelque chose de l’esprit ou du comportement de (quelqu’un). Le verbe guérir s’écrit avec un seul r dans son radical, comme le nom guérison.

maux : n. m. mal au pluriel. Souffrance. À ne pas confondre avec le nom homophone mot (« constituant de la phrase »).

comprimés : n. m. comprimé au pluriel. Pastille pharmaceutique faite habituellement de poudre comprimée.

lithium : n. m. Métal blanc, le plus léger des métaux alcalins, dont les sels sont utilisés en psychiatrie pour le traitement des malades maniacodépressifs.

escitalopram : n. m. Antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine.

disparaitre OU disparaître : v. Ne plus être présent subitement. Graphie rectifiée : disparaitre (sans accent circonflexe).

lypémanie : n. f. [Médecine] [Vieilli] Abattement, tristesse.

comparent : v. comparer au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : Tous). Établir un lien entre (deux ou plusieurs éléments) pour analyser, critiquer, faire ressortir les ressemblances, etc.

statue : n. f. Sculpture représentant un être animé, de moyenne ou de grande taille. À ne pas confondre avec le nom masculin homophone statut (« ensemble de lois », « situation »).

michelangélesque OU michelangelesque : adj. (s’accorde avec statue). De Michel-Ange ; relatif à son œuvre. Bien qu’il dérive du nom propre Michel-Ange, cet adjectif s’écrit sans trait d’union.

David : n. pr. m. Célèbre statue de Michel-Ange réalisée entre 1501 et 1504. Chef-d’œuvre de la Renaissance.

lesquelles : pron. rel. lequel au féminin pluriel (s’accorde avec années). Ce pronom s’écrit en un seul mot.

vécu : part. passé du verbe vivre. Habiter, demeurer. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable en l’absence de complément direct. Ici, durant lesquelles (où lesquelles est mis pour les années) est un complément adverbial de temps.

mirages OU mirage : n. m. Apparence trompeuse et séduisante. Note : on accepte aussi le singulier mirage, qui apporte un sens différent (« ce pays représente un mirage »).

rappellent : v. rappeler au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : Les années durant lesquelles elle a vécu dans ce pays de mirages). Faire revenir à la mémoire, à l’esprit. Attention au double l, étant donné que le e qui précède se prononce « è ».

existence : n. f. Vie et mode de vie de l’être vivant.

empreinte : adj. empreint au féminin singulier (s’accorde avec existence). Qui porte la marque de. À ne pas confondre, par proximité phonétique, avec emprunte, forme conjuguée du verbe emprunter. L’adjectif empreint(e) dérive plutôt du verbe empreindre.

futilité OU futilités : n. f. Caractère de ce qui est futile, superficiel, d’une chose futile. Ici, le nom futilité peut être interprété dans son sens partitif (« caractère de ce qui est futile ») ; dans ce cas, on l’écrit au singulier. Il peut également être interprété dans son sens comptable (« chose futile ») ; on l’écrit alors au pluriel.

À (l’ère) : prép. Ne pas confondre la préposition à, qui s’écrit avec un accent grave, et la forme conjuguée a du verbe avoir, sans accent. L’accent grave est toujours requis sur la préposition, qu’elle soit écrite en minuscule (à) ou en majuscule (À). L’absence d’accentuation sur la majuscule a déjà été justifiée par certaines contraintes typographiques qui n’existent plus aujourd’hui. Bien que certains maintiennent cet usage, il n’y a plus de raison de se priver de l’accentuation, qui est d’ailleurs recommandée par les bons dictionnaires, grammaires et codes typographiques, ainsi que par l’Académie française.

ère : n. f. Période caractérisée par certains faits de civilisation ou marquée par un état particulier ; époque. À ne pas confondre avec les noms homophones air (« souffle », « apparence »), aire (« surface plane », « espace »), erre (« vitesse d’un navire »), ers (« plante »), haire (« étoffe ») ou hère (« homme pitoyable », « jeune cerf »).

où : pron. rel. (mis pour ère). Au temps en question. À ne pas confondre avec la conjonction de coordination homophone ou, qui indique un choix, une alternative.

avoir l’air : loc. verb. Sembler, paraitre. C’est le nom air (« apparence », « aspect ») qu’on trouve dans cette expression.

mère : n. f. Source. À ne pas confondre avec les noms homophones mer (« vaste étendue d’eau salée ») et maire (« magistrat municipal »).

univers : n. m. Ensemble des sociétés de la Terre, monde. Ce nom commun s’écrit avec une minuscule initiale.

éphémère : adj. (s’accorde avec univers). Très bref, passager.

la Faucheuse : n. f. [Soutenu] La mort. Faucheuse s’écrit avec une majuscule initiale dans ce sens.

erre : v. errer au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : la Faucheuse). Aller sans but dans des directions diverses. À ne pas confondre avec le verbe homophone airer (« faire son nid, en parlant d’un oiseau de proie ») ni avec les noms homophones air (« souffle », « apparence »), aire (« surface plane », « espace »), ère (« période »), ers (« plante »), haire (« étoffe ») ou hère (« homme pitoyable », « jeune cerf »).

désert : n. m. Lieu vide, inhabité. À ne pas confondre avec le nom de prononciation proche dessert (« mets sucrés servis à la fin du repas »).

apothéose : n. f. Épanouissement extraordinaire, sublime.

finale : adj. final au féminin singulier (s’accorde avec apothéose). Qui marque une fin, l’atteinte d’un but.

vacant : adj. (s’accorde avec espace). Qui n’est pas occupé.

convainquant : v. convaincre au participe présent. Amener quelqu’un à se rendre compte de l’exactitude, de la vérité ou de la nécessité de quelque chose. Le participe passé se termine en –quant. À ne pas confondre avec l’adjectif homophone convaincant, qui se termine en –cant.

éperdue : adj. éperdu au féminin singulier, nominalisé. Qui est profondément troublé, qui est sous le coup d’une très forte émotion. L’adjectif s’écrit ici au féminin singulier, puisqu’il réfère à l’héroïne du récit.

utopique : adj. (s’accorde avec bonheur). Qui renferme de l’utopie, qui constitue une utopie. Utopie : n. f. Projet, rêve qui parait irréalisable, conception imaginaire.

cet : déter. dém. ce au masculin singulier, dans sa forme euphonique (détermine interstice). Pour préserver l’harmonie des sons d’une phrase — son euphonie —, certains déterminants changent de forme quand ils précèdent un mot commençant par une voyelle ou par un h muet. C’est le cas du déterminant ce, qui devient cet devant le nom masculin interstice, qui commence par une voyelle. À ne pas confondre avec la forme féminine cette du déterminant (cette joie, cette amie).

interstice : n. m. Petit espace vide entre les parties d’une chose ou entre des choses différentes.

subodorer : v. Avoir le pressentiment de (quelque chose), soupçonner.

faux-semblant OU faux semblant : n. m. Simulacre, apparence mensongère. Faux-semblant s’écrit le plus souvent avec un trait d’union, mais on trouve également la graphie faux semblant, avec espace.

heures : n. f. heure au pluriel. Moment de la journée calculé en comptant le nombre d’heures et de minutes qui se sont écoulées depuis minuit ou midi. À ne pas confondre avec les noms homophones heur (« chance ») ou heurt (« coup », « choc »).

trente-deux : num. card. Indique les minutes dans la mention de l’heure. On unit avec un trait d’union les composantes du nombre inférieures à cent, ce qui est le cas de trente et de deux. Rectifications : les rectifications orthographiques recommandent de lier avec un trait d’union toutes les composantes d’un nombre complexe, quelle que soit leur valeur. Ici, la graphie est donc la même en graphie traditionnelle et en graphie rectifiée.

heure de l’Est : loc. nom. f. Fuseau horaire couvrant la côte est de l’Amérique du Nord, ainsi que la côte ouest de l’Amérique du Sud. Le point cardinal Est prend la majuscule dans cette expression, puisqu’il sert à désigner un territoire géographiquement bien délimité.

passereau : n. m. Passériforme (ordre d’oiseaux, généralement de petite taille, pourvus de pattes à quatre doigts).

cime : n. f. Extrémité supérieure de forme pointue. Attention : ce nom s’écrit sans accent circonflexe. À ne pas confondre avec le nom homophone cyme (« type d’inflorescence »).

séquoia : n. m. Conifère gigantesque de la côte ouest américaine.

entame : v. entamer au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : un passereau niché à la cime d’un gigantesque séquoia). Commencer. Attention : cette forme du verbe entamer s’écrit sans accent circonflexe.

engendrent : v. engendrer au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : ses chants spleenétiques). Produire, avoir pour effet, pour conséquence. Attention : le sujet est ici placé après le verbe.

ses OU ces : déter. poss. son ou déter. dém. ce au masculin pluriel (détermine chants). Ici, deux interprétations sont possibles : « les chants du passereau », donc ses chants, avec le déterminant possessif, ou encore « ces chants-là », avec le déterminant démonstratif.

chants : n. m. chant au pluriel. Suite de sons émis par certains animaux. À ne pas confondre avec le nom homophone champ (« étendue de terre »).

spleenétiques OU splénétiques : adj. spleenétiques au masculin pluriel (s’accorde avec chants). Relatif au spleen. Spleen : n. m. [Soutenu] Mélancolie sans raison apparente.

transperce : v. transpercer au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : La mélancolie qu’engendrent ses chants spleenétiques). Pénétrer, en parlant d’une sensation intense qui fait souffrir.

tel : adj. (s’accorde avec archer). Pareil, semblable. Quand il est suivi d’un nom et qu’on l’emploie pour introduire une comparaison, l’adjectif tel s’accorde avec ce nom. Dans cet emploi, le verbe être est sous-entendu et tel est en fait l’attribut du nom qui le suit. Ici, on écrit que la mélancolie engendrée par les chants du passereau transperce les cœurs, et on considère qu’un archer qui a habilement manipulé son anse tendue est tel (« ainsi »), c’est-à-dire que l’archer, lui aussi, transperce les cœurs.

archer : n. m. Soldat armé d’un arc. À ne pas confondre avec le nom homophone archée (« principe universel », « portée d’un arc ») ni avec le nom de prononciation proche archet (« baguette d’un instrument à cordes »).

manipulé : part. passé du verbe manipuler. Manier (quelque chose) avec soin. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand son complément direct (ici, son anse tendue) est placé après le verbe.

anse : n. f. Partie recourbée et saillante en forme d’arc, d’anneau, par laquelle on prend certains objets. Ce qui a la forme recourbée d’une anse.

tendue : adj. tendu au féminin singulier (s’accorde avec anse). Raide par extension.

haro : n. m. Cri d’appel au secours auquel ceux qui l’entendent doivent répondre. Crier haro sur quelque chose : loc. verb. Manifester son indignation face à quelque chose.

marionnette : n. f. Personne influençable et sans volonté.

Parmi : prép. Au milieu de. Bien qu’elle porte l’idée de pluriel, la préposition parmi s’écrit sans s final.

conifères : n. m. conifère au pluriel. [Botanique] Ordre de plantes gymnospermes arborescentes ou arbustives, souvent résineuses, à feuilles généralement persistantes, en forme d’aiguilles ou d’écailles, et à fruits en forme de cônes.

emparée : part. passé du verbe s’emparer au féminin singulier. Commencer à affecter vivement. Le participe passé d’un verbe essentiellement pronominal s’accorde avec le sujet (ici, l’inertie).

ses : déter. poss. son au féminin pluriel (détermine ailes). Qui appartient ou est lié à lui, elle, cela ou soi. À ne pas confondre avec le déterminant démonstratif homophone ces (ces hommes-là).

quelque : adv. Environ. L’adverbe quelque est toujours invariable.

dix-mille OU dix mille : déter. num. card. (détermine levers). Le numéral mille est toujours invariable. Trait d’union : traditionnellement, on met un trait d’union entre deux composantes d’un nombre complexe seulement quand elles sont toutes les deux inférieures à cent. Ici, dix est inférieur à cent, mais mille est supérieur à cent : on ne met pas de trait d’union (dix mille). Graphie rectifiée : les rectifications orthographiques recommandent d’unir par un trait d’union toutes les composantes d’un nombre complexe, que celles-ci soient ou non inférieures à cent (dix-mille).

levers : n. m. lever au pluriel. Moment où un astre parait sur l’horizon.

soleil : n. m. Astre qui constitue la source de lumière principale de la Terre, un des éléments essentiels de la croissance des plantes. Le nom soleil s’écrit avec une minuscule quand on l’emploie, comme ici, dans son sens courant, et non dans son sens astronomique.

succédé : part. passé du verbe succéder. Se succéder : se suivre, venir l’un après l’autre dans le temps ou dans l’espace. Le participe passé d’un occasionnellement pronominal reste invariable quand le verbe n’a pas de complément direct et que le pronom réfléchi joue le rôle de complément indirect, ce qui est le cas ici : un lever de soleil a succédé à un autre lever de soleil.

D’ailleurs : adv. S’emploie pour introduire un nouveau point de vue, un nouvel aspect ; soit dit en passant. Ne pas oublier l’apostrophe !

d’aucuns : pron. indéf. masc. plur. [Vieux] ou [Soutenu] Quelques-uns. Ce pronom est toujours pluriel.

caractérisent : v. caractériser au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : d’aucuns). Définir en déterminant les signes distinctifs de quelque chose.

intrus : n. m. Personne qui s’introduit dans un groupe, dans un lieu sans être invitée, sans y être désirée. Au masculin, ce nom s’écrit avec un s final même au singulier.

arabesques : n. f. arabesque au pluriel. Enjolivement littéraire ou musical, souvent marqué par la fantaisie.

coordonnées : adj. coordonné au féminin pluriel (s’accorde avec arabesques). Composé d’éléments qui vont bien ensemble. Attention : le nom coordination s’écrit avec un seul n, mais l’adjectif coordonné et le verbe coordonner en prennent deux.

afflux : n. m. Affluence.

idées : n. f. idée au pluriel. Inspiration, conception, suggestion, produit de l’intelligence dans le domaine de la création artistique, de la connaissance. Le nom idée s’écrit ici au pluriel, puisqu’un afflux suppose nécessairement plusieurs idées.

ad vitam æternam : loc. adv. Pour toujours, à jamais. Note : la ligature (æ) est facultative dans cette expression ; on écrit æternam ou aeternam. Les expressions latines s’écrivent en italique (cette consigne typographique n’est toutefois pas exigée dans la présente dictée).

toute : déter. indéf. tout au féminin singulier (détermine honnêteté). Indique l’intégralité.

vocables : n. m. vocable au pluriel. [Didactique] Mot, terme considéré comme porteur d’une signification particulière.

faufilés : part. passé du verbe faufiler au masculin pluriel. Se faufiler : passer à travers, entrer de façon habile. Le participe passé en contexte pronominal s’accorde avec le sujet (ces vocables) quand le verbe n’a pas de complément direct et que le pronom réfléchi n’a aucune fonction logique, comme ici.

portevoix OU porte-voix : n. m. Instrument portatif constitué d’un tube ou d’un cornet à pavillon évasé, destiné à diriger et à amplifier le son de la voix. Attention : c’est le nom voix qu’on trouve dans ce nom, et non le nom homophone voie (« direction », « route », « passage »). Graphie rectifiée : portevoix (sans trait d’union).

sans crier gare : loc. adv. Sans avertissement. Attention : c’est l’interjection gare qu’on trouve dans cette locution, et non le nom garde, qu’on emploie parfois erronément à l’oral.

entrainée OU entraînée : part. passé du verbe entrainer au féminin singulier. Conduire irrésistiblement. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct placé à gauche (ici, le pronom m’). On sait que le pronom de première personne représente ici une femme, puisqu’on écrit plus loin : je suis une vaillante soldate.

chorégraphie : n. f. Ensemble des pas et des figures qui composent un ballet, une danse.

bellissime : adj. (s’accorde avec chorégraphie). Très beau.

interrompre : v. Faire cesser le déroulement de. Attention au double r, qui résulte de la rencontre du préfixe inter et du verbe rompre.

pythagorique : adj. (s’accorde avec silence). Silence pythagorique : loc. nom. m. Silence de très longue durée.

nulle : déter. indéf. nul au féminin singulier (détermine autre). [Soutenu] Aucun. L’expression nulle autre est ici l’attribut du sujet je. On sait que le pronom de première personne représente ici une femme, d’où l’accord au féminin, puisqu’on écrit plus loin : je suis une vaillante soldate.

cette : déter. dém. ce au féminin singulier (détermine estafette). Sur quoi, sur qui l’on attire l’attention. Ne pas confondre la forme féminine cette du déterminant démonstratif et sa forme masculine euphonique cet (cet écran, cet homme).

estafette : n. f. [Militaire] Agent de liaison chargé de porter des nouvelles entre des corps d’armée.

escadron : n. m. Unité, troupe de la cavalerie, de l’armée blindée et de la gendarmerie.

vaillante : adj. vaillant au féminin singulier (s’accorde avec soldate). [Soutenu] Qui est énergique, dynamique, qui travaille avec beaucoup d’ardeur.

soldate : n. soldat au féminin singulier. Personne qui combat pour quelque chose.

innocemment : adv. Avec innocence, sans penser à mal. Les adverbes qui se terminent en amment et en emment se prononcent de la même manière : « a-ment ». Pour savoir si on doit l’écrire avec un a ou avec un e, on se base sur la terminaison de l’adjectif correspondant. L’adjectif innocent se termine en ent ; on écrit donc innocemment, avec un e. Pour comparaison, on écrit vaillamment avec un a, puisque l’adjectif vaillant se termine en ant.

havre : n. m. Refuge où l’on trouve le calme. Attention : ce nom s’écrit sans accent circonflexe. Note : le h est ici aspiré ; on dit donc ce havre, et non cet havre.

où : pron. rel. (mis pour monde). À l’endroit en question. À ne pas confondre avec la conjonction de coordination homophone ou, qui indique un choix, une alternative.

point : adv. nég. [Vieux] Pas. À ne pas confondre avec le nom homophone poing (« main fermée »).

sociétal : adj. (s’accorde avec conformisme). Qui se rapporte à la société en tant que communauté d’êtres humains.