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La fête de Léa

Voici une dictée composée par Émilie Pilon, monitrice en français écrit au CARÉ. Cette dictée comprend 22 pièges variés.

 
Lecteur: Charles Roy
Photo: Marie-Eve Bastien

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La fête de Léa

Ce matin, Camille est stressée : elle prépare la fête pour sa petite Léa, qui veut un anniversaire de princesses. Les petits gâteaux, elle les a envoyé chercher chez le pâtissier par son père. Martin, le mari de Camille, suit à la lettre ses instructions pour les décorations du salon. Quel que soit son avis, Martin doit faire ce que Camille lui dit. Même s’il trouve que les ballons rose fuchsia et les guirlandes framboise sont disgracieux (il les jetterait volontiers), Martin s’abstient de tout commentaire. Camille veut qu’il déplace de lourds hautparleurs dans la cuisine. Cette fois, Martin en a assez et veut que Camille fasse tous ces changements extravagants elle-même! Camille a toutefois plus d’un tour dans son sac et menace Martin de le priver de bière et de pizza. L’homme, qui n’aime pas qu’on le dépossède de ses bouteilles de gueuze lambic, déplace donc les lourds objets. Il termine la tâche, tout essoufflé, et se dit que les huit heures de sommeil qu’il a dormi n’ont indéniablement pas été suffisantes pour une telle journée!


envoyé : part. passé du verbe envoyer. Le participe passé du verbe envoyer est employé avec l’auxiliaire avoir suivi d’un verbe à l’infinitif (chercher). Il s’accorde avec le complément direct placé avant le verbe si ce CD est le sujet du verbe à l’infinitif. Le CD les mis pour les petits gâteaux est placé devant le verbe. Comme le CD n’est pas le sujet du verbe (ce ne sont pas les petits gâteaux qui cherchent), le participe passé envoyé ne s’accorde pas.

suit : v. suivre au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : Martin). Se laisser guider par (une chose abstraite), se conformer à. À ne pas confondre avec le nom homophone suie (« poussière noire que la fumée dépose »).

ses : déter. poss. son au féminin pluriel (détermine instructions). Qui appartient ou est lié à lui, elle, cela ou soi. À ne pas confondre avec le déterminant démonstratif homophone ces (« que voici »). Pour distinguer les deux types de déterminants, on peut reformuler au singulier, où la prononciation est différente : son instruction (possessif); cette instruction (démonstratif).

Quel que : adj. indéf. quel suivi de la conjonction que. L’adjectif quel s’accorde avec le nom qui suit le verbe au subjonctif (ici avis), dont il est l’attribut. Attention, quel que s’écrit en deux mots dans cette construction.

rose fuchsia : loc. adj. inv. De la couleur des fleurs du fuchsia (rose vif violacé). Quand on lui appose un nom ou un adjectif, l’adjectif de couleur reste toujours invariable; dans ces emplois de l’adjectif, c’est le nom commun qui est en fait sous-entendu (d’un rose fuchsia).

framboise : adj. inv. Qui a la couleur de la framboise (rose vif, tirant sur le rouge). Quand un nom commun est utilisé comme adjectif de couleur, celui-ci reste invariable; dans cet emploi du nom commun, le nom couleur est généralement sous-entendu (couleur framboise).

disgracieux : adj. (s’accorde avec les ballons rose fuchsia et les guirlandes framboise). Qui est sans grâce. L’adjectif disgracieux s’écrit sans accent circonflexe, alors que le nom grâce, dont il est dérivé, en prend un. Les deux a se prononcent différemment dans ces deux mots.

jetterait : v. jeter au conditionnel présent, 3personne du singulier (sujet : il). Se débarrasser de. Attention : on double le t dans jetterait, étant donné que le e qui précède se prononce « è ». Pour comparaison, on écrit jetez avec un seul t, puisque le e qui précède se prononce « e ».

volontiers : adv. Sans difficulté ou répugnance, en y trouvant de l’agrément; de bon gré. Attention : cet adverbe s’écrit toujours avec un s final.

s’abstient : v. s’abtenir au présent de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : Martin). Renoncer volontairement à.

hautparleurs OU haut-parleurs : n. m hautparleur au pluriel. Appareil destiné à convertir en sons les signaux électriques reçus d’une source extérieure. Ce nom traditionnellement composé est constitué d’un adverbe, haut, et d’un nom, parleurs. Comme les adverbes sont généralement invariables, haut ne prend pas de s quand le mot haut-parleur est au pluriel. Graphie rectifiée : hautparleurs (sans trait d’union et avec un pluriel régulier).

tous : adj. indéf. tout au masculin pluriel (s’accorde avec changements).

ces : déter. dém. ce au masculin pluriel (détermine changements). Sur quoi, sur qui l’on attire l’attention. À ne pas confondre avec le déterminant possessif homophone ses (« qui appartiennent à lui ou à elle »). Pour distinguer les deux types de déterminants, on peut reformuler au singulier, où la prononciation est différente : ce changement (démonstratif); son changement (possessif).

extravagants : adj. extravagant au masculin pluriel (s’accorde avec changements). Qui s’écarte du bon sens, qui semble bizarre, grotesque, déraisonnable.

bière, pizza : n. f. Le singulier correspond à l’emploi partitif de ces deux noms (de la bière, de la pizza). On accepte aussi le pluriel, puisqu’il pourrait s’agir de leur emploi comptable (priver Martin de plusieurs bières et de plusieurs pizzas).

tour : n. m. Action habile et rusée commise au détriment de quelqu’un. Avoir plus d’un tour dans son sac : loc. verb. Avoir plusieurs ressources, avoir beaucoup d’inventivité, de débrouillardise pour faire face à une situation. Attention : l’expression plus d’un signifie « plusieurs », mais le nom s’accorde au singulier, puisqu’il est déterminé par un dans cette expression.

gueuze lambic OU gueuse lambic : n. f. Bière belge fortement alcoolisée. Note : la variante avec un z (gueuze) est plus fréquente. On trouve aussi les deux variantes avec un trait d’union (gueuze-lambic ou gueuse-lambic), mais c’est beaucoup plus rare.

tâche : n. f. Obligation que l’on doit remplir, par devoir ou par nécessité. À ne pas confondre avec le nom paronyme tache (« salissure »).

tout : adv. Complètement. Note : l’adverbe tout s’accorde en genre et en nombre uniquement devant un adjectif féminin qui commence par une consonne (toute joyeuse) ou par un h aspiré (toutes honteuses).

essoufflé : adj. (s’accorde avec Il). Ayant la respiration rapide, profonde et pénible à cause d’un effort intense. L’adjectif essoufflé et le verbe essouffler s’écrivent avec deux f, comme souffle.

dormi : part. passé du verbe dormir. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct s’il est placé avant le verbe. Ici, le pronom qu’ remplit auprès du verbe le rôle de complément adverbial de mesure (Combien de temps?), et non de complément direct. Le participe passé reste donc invariable.

telle : adj. tel au féminin singulier (s’accorde avec journée). Pareil, semblable.