Les sucreries

Voici une dictée composée par Émilie Pilon, monitrice en français écrit au CARÉ.
Ce texte comporte 32 pièges variés.

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Les sucreries

En ces temps suffocants du mois de juillet, Pierre et sa fille Lily interrompirent leur randonnée en vélo pour casser la croute au restaurant Chez Fernande, établissement reconnu pour ses mets internationaux. On y servait en effet de la pâte d’igname, de la matelote d’anguille et une grande variété de mignardises très appréciées des enfants. On leur servit des amuse-gueules en guise d’entrée. Lily engloutit tout le contenu du bol. Pierre ne réalisait pas que sa progéniture avait mangé une grosse quantité de nourriture. On apporta ensuite à Lily une énorme coupe glacée à la banane garnie de croquignoles et de sirop de grenadine. Quant à Pierre, il prit des gnocchis à la ricotta et aux épinards. La petite fille avala le contenu de son bol en un temps record. Pierre s’était alors dit que sa fille avait bon appétit à la suite de la randonnée qu’ils venaient de faire. Les sucreries desquelles Lily s’était empiffrée pesaient sur l’estomac de cette dernière qui, finalement, ne mit pas de temps à rendre tripes et boyaux à la sortie!

 

ces : dét. dém. ce au masculin pluriel (détermine temps). À ne pas confondre avec le déterminant possessif ses; comparez : ces temps-là (« les temps que voilà ») et ses temps libres (« à lui ou à elle »).

suffocants : adj. suffocant au masculin pluriel (s’accorde avec temps). Qui provoque la suffocation. À ne pas confondre avec le participe présent homophone suffoquant, du verbe suffoquer (« entraver la respiration de quelqu’un, étouffer »).

interrompirent : v. interrompre au passé simple, 3e personne du pluriel (sujet : Pierre et sa fille Lily). Faire cesser le déroulement de quelque chose.

randonnée : n. f. Longue promenade.

croute OU croûte : n. f. Casser la croute : [Familier] Manger, souvent légèrement et rapidement. Graphie rectifiée : croute (sans accent circonflexe).

reconnu : adj. (s’accorde avec établissement). Admis comme ayant une valeur importante; réputé. À ne pas confondre avec les formes conjuguées homophones reconnut et reconnût (verbe reconnaitre au passé simple et au subjonctif imparfait, 3e personne du singulier).

ses : dét. poss. son au masculin pluriel (détermine mets). À ne pas confondre avec le déterminant démonstratif ces, qui commence par un c (ces pommes-ci et ces poires-là).

mets : n. m. mets au pluriel. [Soutenu] ou [Régional] Aliment cuisiné. À noter que le nom mets s’écrit aussi avec un s final au singulier (un mets délicat).

pâte : n. f. Mélange culinaire de composition variable et de consistance plus ou moins molle. À ne pas confondre avec le nom paronyme patte (« membre d’un animal » ou « pièce allongée »).

igname : n. f. Plante tropicale, vivace, au gros rhizome comestible.

matelote : n. f. Plat composé de poissons coupés en morceaux cuits avec du vin et des ognons.

mignardises : n. f mignardise au pluriel. Petite sucrerie délicate servie en assortiment en fin de repas. À noter que le groupe nominal une grande variété requiert un complément pluriel; on écrit donc mignardises.

appréciées : part. passé du verbe apprécier employé comme adjectif, au féminin pluriel (s’accorde avec mignardises). Estimer la valeur, l’importance de. Ici, on aurait pu aussi accorder le participe passé avec le nom variété (une grande variété de mignardises très appréciée des enfants). Cet accord confère un sens différent à la phrase (les enfants apprécient la variété des mignardises, plutôt que les mignardises elles-mêmes).

leur : pron. pers. À eux. Le pronom personnel leur est toujours invariable, mais le déterminant et le pronom possessifs prennent la marque du pluriel (leurs enfants, les leurs).

servit : v. servir au passé simple, 3e personne du singulier (sujet : on). Donner à boire, à manger à un hôte, un convive. À ne pas confondre avec la terminaison en -i du participe passé (le diner est servi) ni avec la terminaison en -ît du subjonctif imparfait (il aurait été préférable qu’on servît d’abord le potage).

amuse-gueules : n. m. amuse-gueule au pluriel. [Familier] Hors-d’œuvre, canapé, petit sandwich, craquelin salé avec fromage, olives, etc., que l’on sert avec l’apéritif, lors de réceptions.

entrée : n. f. Mets qui se sert au début du repas. À ne pas confondre avec le verbe homophone entrer (« passer du dehors au dedans »), qui se termine en -er.

engloutit : v. engloutir au passé simple de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : Lily). Dévorer avec appétit. À ne pas confondre avec le participe passé englouti (terminaison en -i) ou le subjonctif imparfait engloutît (terminaison en -ît).

progéniture : n. f La descendance d’un être humain, d’un animal.

mangé : part. passé du verbe manger. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand son complément direct (une grosse quantité de nourriture) est, comme ici, placé à droite.

croquignoles : n. f.croquignole au pluriel. Petit biscuit léger et croquant.

grenadine : n. f. Sirop à base de jus de grenade ou d’autres fruits rouges.

Quant à : loc. prép. Pour ce qui est de, en ce qui concerne. À ne pas confondre avec l’adverbe ou la conjonction de temps quand.

prit : v. prendre au passé simple, 3e personne du singulier (sujet : il). À ne pas confondre avec le verbe homophone prie, du verbe prier (« dire une prière », « demander »).

gnocchis : n. m. gnocchi au pluriel. Mets italien composé de boulettes, pochées et gratinées, à base de semoule ou de purée de pommes de terre.

ricotta : n. f. Fromage frais d’origine italienne, préparé à partir du petit-lait obtenu lors de la fabrication d’autres fromages. Au Québec, ce nom s’emploie le plus souvent au masculin (du ricotta).

avait bon appétit : loc. verb. avoir bon appétit à l’indicatif imparfait, 3e personne du singulier (sujet : sa fille). Manger beaucoup, avec plaisir. Il est important de noter que le mot appétit est masculin; l’adjectif bon est donc lui aussi masculin, même si la prononciation nous porte à croire qu’on pourrait l’écrire au féminin.

desquelles : pron. rel. duquel au féminin pluriel (prend les marques de genre et de nombre de son antécédent, les sucreries). Ce pronom s’écrit en un seul mot.

empiffrée : part. passé du verbe s’empiffrer au féminin singulier. [Familier] Se gaver. Le participe passé d’un verbe essentiellement pronominal s’accorde avec son sujet (ici, Lily).

mit : v. mettre au passé simple de l’indicatif, 3e personne du singulier (sujet : le pronom relatif qui, mis pour Lily).

pesaient : v. peser à l’indicatif imparfait à la 3e personne du pluriel (sujet : Les sucreries desquelles Lily s’était empiffrée). Avoir un certain poids.

rendre tripes et boyaux : loc. verb. Vomir tout le contenu de l’estomac. Il est important de noter que les mots tripes et boyaux sont au pluriel.

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