Grande Dictée Éric-Fournier 2014

Voici La Grande Dictée Éric-Fournier 2014, composée par Anne-Hélène Jutras et lue par Louise Forestier. (131 pièges) (50 minutes)

Printemps

On avait perçu, dans la nuit d’encre, le lugubre et grand-guignolesque ululement de la chouette lapone. D’aucuns auraient pu y voir un mauvais présage, comme le laissent croire les pires superstitions. Or, à l’aube des années soixante au Québec, on se trouvait sous de meilleurs auspices qu’en la décennie qui avait précédé, et on pouvait entendre, portées par le zéphyr au gré des volatils effluves parfumés du printemps, des voix aux douces consonances murmurer que le cri de l’oiseau de Minerve était plutôt de bon augure. L’étaient d’ailleurs aussi l’infatigable épeire qu’on avait aperçue tissant vaillamment sa toile non loin des scilles immaculées et les coccinelles tout allantes qui couraient se reproduire dans un lit de primevères fuchsia. Quiconque eût prêté l’oreille aurait ouï des clochettes tintinnabulantes carillonner un début de nitescence : la Grande Noirceur avait assez duré.

Aux premières lueurs de la Révolution tranquille, nécessité était d’extraire les bonnes gens de la Belle Province des opaques ténèbres dans lesquelles on les avait si longtemps maintenus. Comme rien ne servait plus d’invoquer le Tout-Puissant ou quelque ange que ce fût pour pallier les carences d’un système éducatif dysfonctionnel, voire déliquescent, il fut mis sur pied une commission d’enquête sur l’enseignement dont les rênes furent confiées à monseigneur Alphonse-Marie Parent. Ce prêtre humaniste à l’esprit fort accort était, disait-on, un véritable nyctalope, dont les yeux noirs, noisette, verts ou vairons allez savoir ! —, perçants et perspicaces, sauraient discerner la voie à suivre. Visionnaires, lui et ses diligents collaborateurs, au cours d’une enquête exigeante, se sont plu à échanger moult idées et se sont acharnés à formuler les recommandations les plus judicieuses possible pour un enseignement censé éclairer les esprits. Dans un rapport au style succinct n’ayant rien à voir avec ces logogriphes truffés d’hypallages malvenues, ils ont, entre autres, jeté les bases pour un enseignement laïque et démocratique, en plus de prôner la création du ministère de l’Éducation, des polyvalentes et des cégeps.

Le rapport Parent a laissé au peuple québécois un inappréciable legs. Sans doute est-ce cet héritage fécond qui s’entend au printemps dans l’hymne inspiré des quiscales, des troglodytes et des engoulevents qui, s’égosillant telles des mezzosopranos, chantent un temps meilleur.

 

Corrigé

perçu : part. passé du verbe percevoir. Saisir par les sens. Attention : la cédille est requise devant la voyelle u quand le c se prononce « s », et non « k » (comparer perçu et vécu). La cédille est également requise sous le c qui se prononce « s » devant les voyelles a (français) et o (leçon). Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand le complément direct (le lugubre et grand-guignolesque ululement de la chouette lapone) est, comme ici, placé après le verbe.

encre : n. f. Préparation liquide ou pâteuse, noire ou d’une autre couleur, employée pour écrire, pour dessiner, pour imprimer, pour photocopier. Nuit d’encre : nuit complètement obscure à cause de l’absence de la lune dans le ciel. À ne pas confondre avec le nom homophone ancre (« instrument pour retenir un navire »).

lugubre : adj. (s’accorde avec ululement). D’une tristesse oppressante, sombre, sinistre.

grand-guignolesque : adj. (s’accorde avec ululement). Horrible et bizarre. Cet adjectif s’écrit avec un trait d’union.

ululement OU hululement : n. m. Cri d’un oiseau nocturne. Graphie recommandée : ululement (sans h).

chouette : n. f. Oiseau rapace nocturne à tête dépourvue d’aigrettes. Chouette lapone : la plus grande chouette d’Amérique du Nord. Elle peut mesurer de 60 à 83 cm de longueur. Elle est gris-brun, avec le dessous fortement rayé sur la longueur. La tête est ronde, sans aigrettes. Le disque facial, très grand en proportion et fortement ligné, rapetisse les yeux jaunes. Son menton porte une tache noire bordée par des moustaches blanches. La queue est particulièrement longue (30 cm). Peu farouche, elle chasse parfois le jour, souvent haut perchée dans un arbuste. Elle est aujourd’hui protégée. (Source : Wikipédia)

lapone OU laponne : adj. lapon au féminin singulier (s’accorde avec chouette). De la Laponie, des Lapons. Le gentilé (ou nom d’habitant) s’écrit avec une minuscule quand on l’emploie comme adjectif. Graphie recommandée : lapone (avec un seul n).

D’aucuns : pron. indéf. [Vieux] ou [Soutenu] Quelques-uns. Le pronom d’aucuns est toujours pluriel, comme le pronom plusieurs.

auraient : auxil. avoir au conditionnel présent, 3e personne du pluriel (sujet : D’aucuns, toujours pluriel).

laissent : v. laisser au présent de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet inversé : les pires superstitions).

superstitions : n. f. superstition au pluriel. Croyance en l’influence surnaturelle de certains objets, de leurs caractéristiques ou de certains évènements sur la vie d’une personne ; comportement résultant de cette croyance. Note au sujet de la superstition entourant la chouette lapone : jadis, dans les campagnes, au long des nuits d’hiver, la chouette lapone était considérée comme un oiseau de malheur. Quand elle poussait son cri étrange près d’une maison, on croyait qu’elle annonçait une mort prochaine.

Or : conj. de coord. Le fait nouveau introduit par or contredit ce qui précède ou ce qu’on pouvait attendre. À ne pas confondre avec la préposition homophone hors (« à l’extérieur de »).

soixante : num. card. Six fois dix. Un numéral est toujours invariable, même s’il représente une quantité plurielle. Seuls vingt et cent prennent la marque du pluriel sous des conditions très précises.

meilleurs : adj. meilleur au masculin pluriel (s’accorde avec auspices).

auspices : n. m. auspice au pluriel. [Antiquité] Dans la Rome antique, présage tiré de l’observation des oiseaux. Auspices : signe, présage quelconque. Attention : ce nom est masculin ! À ne pas confondre avec le nom homophone hospice (« résidence de soins » ou « gite »), également masculin.

qu’en : conj. que (élidée) suivie de la préposition en. À ne pas confondre avec les homophones quand (Quand reviendras-tu ?) et quant (Quant à Luc, on ne le revit jamais).

en la : prép. en suivie du déterminant défini la. Durant la. Note : normalement, la préposition en est suivie d’un nom sans déterminant (en lin, en hiver, en avance, etc.). On l’emploie toutefois avec un déterminant défini singulier dans certaines expressions figées (en l’an 2000, en l’occurrence, en la matière, etc.) ou, comme ici, dans un texte de nature littéraire. On trouve quelquefois en littérature les séquences en le ou en les, mais elles sont unanimement condamnées.

décennie : n. f. Période de dix ans. Attention au double n !

précédé : part. passé du verbe précéder. Être avant ou devant, dans le temps ou dans l’espace. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand il n’a, comme ici, aucun complément direct.

portées : part. passé du verbe porter employé comme adjectif, au féminin pluriel (s’accorde avec voix, situé plus loin dans la phrase). Transporté.

zéphyr : n. m. [Soutenu] Brise légère, vent doux et agréable.

au gré de : loc. prép. En se laissant mener par. Ne pas confondre gré avec le nom paronyme grès (« roche » ou « céramique très dure »).

volatils : adj. volatil au masculin pluriel (s’accorde avec effluves). Qui est susceptible de s’évaporer rapidement. Dans ce sens, volatil s’écrit avec un e final seulement au féminin (une matière volatile, mais un gaz volatil). À ne pas confondre avec le nom homophone volatile (« oiseau »), ou encore avec l’adjectif vieilli ou soutenu volatile (« capable de voler » ou « composé d’oiseaux »), qui s’écrivent avec un e final.

effluves : n. m. effluve au pluriel. Exhalaison provenant de certaines substances, d’une fleur, d’un aliment, du corps d’un être vivant. Attention : ce nom est masculin !

parfumés : adj. parfumé au masculin pluriel (s’accorde avec effluves). Qui répand une bonne odeur.

voix : n. f. Ensemble des sons produits par les vibrations des cordes vocales chez l’être humain. À ne pas confondre avec le nom homophone voie (« chemin, passage », « direction » ou « moyen, intermédiaire »).

consonances : n. f. consonance au pluriel. Succession, ensemble de sons. Attention à ne pas reproduire dans consonance le double n du nom consonne !

murmurer : v. Dire (quelque chose) à voix basse, chuchoter. Astuce : pour savoir s’il faut utiliser la forme infinitive (er) ou celle du participe passé (é, ée ou ées, selon le contexte), on remplace le verbe du premier groupe par un verbe qui se prononce différemment à l’infinitif et au participe passé, par exemple mordre (infinitif) et mordu (participe passé), sans tenir compte du sens, bien entendu ! Ici, on dirait : on avait entendu des voix mordre, et non : on avait entendu des voix mordu… Il faut donc employer la forme infinitive : murmurer.

Minerve : n. pr. [Mythologie] Déesse protectrice de Rome, assimilée à la déesse grecque Athéna. L’oiseau de Minerve : la chouette. Le nom propre Minerve s’écrit toujours avec une majuscule.

plutôt : adv. Au contraire. À ne pas confondre avec l’expression homophone plus tôt, en deux mots (Luc arrivera plus tôt que prévu). Astuce : si le remplacement par plus tard est possible, on écrit plus tôt.

bon : adj. (s’accorde avec augure, masculin). Attention : devant un nom qui commence par une voyelle ou par un h muet, la liaison à l’oral fait en sorte que le masculin bon se prononce comme le féminin bonne. C’est tout de même la forme masculine bon qui s’impose devant un nom masculin, comme ici (augure).

augure : n. m. [Antiquité] Dans la Rome antique, prêtre chargé d’interpréter les présages tirés de divers phénomènes naturels (vol des oiseaux, éclairs, tonnerre, etc.). [Courant] Signe qui semble présager l’avenir. Attention : ce nom est masculin !

étaient : v. être à l’imparfait de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet inversé : l’infatigable épeire […] et les coccinelles tout allantes…).

infatigable : adj. (s’accorde avec épeire, féminin). Qui ne se fatigue pas facilement. Attention : l’adjectif infatigable s’écrit sans u, contrairement à fatigue.

épeire : n. f. Araignée à gros abdomen qui construit de grandes toiles à réseau concentrique perpendiculaire au sol pour prendre des moucherons. Se prononce « é-père ». À ne pas confondre avec le nom homophone épair (« aspect du papier observé en transparence »).

aperçue : part. passé du verbe apercevoir au féminin singulier. Voir brièvement ou de façon plus ou moins nette. Ce verbe s’écrit avec un seul p. Attention : la cédille est requise devant le u quand le c se prononce « s », et non « k » (comparer aperçu et vécu). Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct (le pronom relatif que, mis pour l’infatigable épeire) quand il est, comme ici, placé avant le verbe.

vaillamment : adv. [Soutenu] Avec bravoure, courage. Les adverbes qui se terminent en amment et en emment se prononcent de la même manière : « a-ment ». Pour savoir si on doit l’écrire avec un a ou avec un e, on se base sur la terminaison de l’adjectif correspondant. L’adjectif vaillant se termine en ant ; on écrit donc vaillamment, avec un a. Pour comparaison, on écrit différemment avec un e, puisque l’adjectif différent se termine en ent.

scilles : n. f. scille au pluriel. Plante bulbeuse dont certaines espèces sont cultivées pour leurs propriétés médicinales et d’autres pour la décoration. À ne pas confondre avec les noms homophones cil (« poil fin »), sil (« argile »), sill (« plan stratigraphique rempli de lave ») ou sille (« poème satirique »).

immaculées : adj. immaculé au féminin pluriel (s’accorde avec scilles). Qui ne présente aucune tache.

coccinelles : n. f. coccinelle au pluriel. Petit insecte coléoptère très commun dans les régions tempérées, au corps hémisphérique, aux élytres rouges ou orangés ornés de points noirs, qui se nourrit de pucerons et est couramment appelé bête à bon Dieu.

tout : adv. Très, complètement. Pour des raisons d’harmonie sonore, l’adverbe tout s’accorde uniquement devant un adjectif féminin qui commence par une consonne (toute joyeuse) ou par un h aspiré (toutes honteuses). Ici, il reste invariable, puisque l’adjectif allantes, bien que féminin, commence par une voyelle.

allantes : adj. allant au féminin pluriel (s’accorde avec coccinelles). [Soutenu] Qui a de l’allant, actif.

couraient : v. courir à l’imparfait de l’indicatif, 3e personne du pluriel (sujet : le pronom relatif qui, mis pour les coccinelles tout allantes). Aller rapidement ; faire à la hâte. Ne pas confondre les formes de l’imparfait avec un seul r et les formes du conditionnel, avec deux r (s’ils avaient de meilleures chaussures, ils courraient plus vite).

primevères : n. f. primevère au pluriel. Plante herbacée à floraison précoce et à fleurs ornementales jaunes, blanches ou mauves. Ici, le nom lit réfère à une matière qui recouvre le sol pour former une couche uniforme ; plusieurs primevères sont nécessaires pour former cette couche, d’où le pluriel.

fuchsia : adj. inv. De la couleur des fleurs du fuchsia (rose vif violacé). Quand un nom commun est utilisé comme adjectif de couleur, celui-ci reste invariable.

Quiconque : pron. indéf. [Soutenu] Celui qui. Le pronom quiconque est toujours singulier.

eût : auxil. avoir à l’imparfait du subjonctif, 3e personne du singulier (sujet : Quiconque). À ne pas confondre avec la forme du passé simple eut, sans accent circonflexe (Luc eut peur quand le tonnerre gronda). Ici, eût a une valeur de conditionnel : Quiconque aurait prêté l’oreille… Dans ce cas, la conjugaison au subjonctif est requise.

prêté : part. passé du verbe prêter. Prêter l’oreille : [Figuré] écouter. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand le complément direct (l’oreille) est, comme ici, placé après le verbe.

ouï : part. passé du verbe ouïr. [Vieux] ou [Soutenu] Écouter (quelque chose, quelqu’un), entendre. À ne pas confondre avec l’homophone oui (adverbe marquant l’approbation), sans tréma. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand le complément direct (des clochettes tintinnabulantes) est, comme ici, placé après le verbe.

tintinnabulantes : adj. tintinnabulant au féminin pluriel (s’accorde avec clochettes). [Soutenu] Qui sonne. Attention au double n !

carillonner : v. Communiquer un évènement en faisant sonner le carillon. [Figuré] Annoncer bruyamment. Attention au double n !

nitescence : n. f. [Soutenu] Clarté, éclat, lueur.

la Grande Noirceur : loc. n. f. [Québec] [Histoire] Période politique correspondant au régime de Maurice Duplessis (1944-1959). Quand un nom commun prend une valeur de nom propre historique et qu’il est précédé d’un adjectif, le nom et l’adjectif s’écrivent tous les deux avec une majuscule.

duré : part. passé du verbe durer. S’étendre dans le temps. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand il n’a, comme ici, aucun complément direct.

la Révolution tranquille : loc. n. f. [Québec] [Histoire] Ensemble de changements sociaux, culturels et politiques survenus au Québec au début des années 1960. Quand un nom commun prend une valeur de nom propre historique et qu’il est suivi d’un adjectif, la règle veut que le nom s’écrive avec une majuscule et que l’adjectif s’écrive avec une minuscule.

bonnes : adj. bon au féminin pluriel (s’accorde avec gens). Le nom gens est de genre masculin, mais certains des mots qui s’y rapportent s’accordent exceptionnellement au féminin. Voici dans quelles conditions : si le mot qui précède immédiatement gens est un adjectif ou un déterminant dont la forme écrite féminine est différente de la forme écrite masculine (bonne et bon s’écrivent différemment) alors, parmi les mots qui s’accordent avec gens, tous les mots qui précèdent gens sont mis au féminin.

la Belle Province : loc. n. f. Surnom traditionnel du Québec. Note : la devise La Belle Province a été apposée sur les plaques d’immatriculation du Québec de 1963 jusqu’en 1977. Depuis, c’est plutôt la devise officielle de la province qui y apparait : Je me souviens. Quand un nom commun prend une valeur de nom propre géographique et qu’il est précédé d’un adjectif, le nom et l’adjectif s’écrivent tous les deux avec une majuscule.

opaques : adj. opaque au féminin pluriel (s’accorde avec ténèbres). Qui ne laisse pas filtrer la lumière, qui n’est pas transparent.

ténèbres : n. f. pl. Ignorance. Note : le nom ténèbres ne s’emploie jamais au singulier.

lesquelles : pron. rel. lequel au féminin pluriel. (Après une préposition) La personne ou la chose. Ce pronom s’écrit en un seul mot.

maintenus : part. passé du verbe maintenir au masculin pluriel. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct (le pronom personnel les, mis pour les bonnes gens de la Belle Province) quand il est, comme ici, placé avant le verbe. Note : le nom gens est masculin pluriel ; les mots qui s’y rapportent et qui se situent après gens s’accordent donc au masculin. Voir l’entrée bonnes ci-dessus pour les détails sur l’accord exceptionnel au féminin avec le nom gens.

le Tout-Puissant : n. m. [Religion] Dieu. La majuscule est requise sur Tout et sur Puissant, et le nom s’écrit avec un trait d’union. Note : l’adjectif tout(-)puissant s’écrit toutefois sans majuscules, avec ou sans trait d’union (un roi tout puissant, une volonté toute-puissante).

quelque : dét. indéf. (détermine ange). L’emploi au singulier du déterminant quelque relève de la langue soutenue et signifie, ici, « un ange non identifié ». Attention : le mot quelque ne subit jamais l’élision, qu’il soit déterminant, adverbe ou adjectif. La seule occurrence élidée de ce mot se trouve dans le pronom quelqu’un. On écrit donc quelque ange (et non *quelqu’ange).

ange : n. m. [Religion] Être céleste entre Dieu et l’homme, messager et exécuteur des volontés divines.

ce : pron. dém. (Devant être) Cela. À ne pas confondre avec le pronom personnel se (ils se sont absentés).

fût : v. être à l’imparfait du subjonctif, 3e personne du singulier (sujet : ce). Le subjonctif est requis dans cette construction concessive. À ne pas confondre avec la forme du passé simple fut, sans accent circonflexe (Luc fut surpris quand le tonnerre gronda).

pallier : v. [Soutenu] Dissimuler (quelque chose) en le présentant sous une apparence trompeuse. À ne pas confondre avec le nom homophone palier (« plateforme », « échelon »), qui s’écrit avec un seul l. Note : on dit pallier quelque chose (et non pallier *à quelque chose).

carences : n. f. carence au pluriel. Absence, manque ou insuffisance importante (de quelque chose).

dysfonctionnel : adj. (s’accorde avec système). Qui fonctionne mal.

voire : conj. Et même. Attention : la conjonction s’écrit avec un e final. À ne pas confondre avec le verbe homophone voir (« percevoir par les yeux »).

déliquescent : adj. (s’accorde avec système). Qui est en décadence.

fut : v. être au passé simple, 3e personne du singulier (sujet : il, impersonnel). À ne pas confondre avec la forme du subjonctif imparfait fût, qui s’écrit avec un accent circonflexe (bien qu’il fût très tard, Luc sortit de chez lui).

pied : n. m. Mettre sur pied : constituer, élaborer. Le nom pied reste au singulier dans cette expression.

commission : n. f. Ensemble de personnes désignées par une autorité pour étudier une question, pour prendre des décisions. Attention au double m et au double s !

rênes : n. f. rêne au pluriel. [Figuré] Direction, contrôle. À ne pas confondre avec les noms homophones renne (« mammifère ruminant » ; exemple : le petit renne au nez rouge) et reine (« souveraine »).

confiées : part. passé du verbe confier au féminin pluriel. Laisser (quelque chose ou quelqu’un) aux soins de (quelqu’un) en qui on a confiance. Le participe passé non pronominal conjugué avec l’auxiliaire être s’accorde avec le sujet, ici les rênes.

monseigneur : n. m. Titre honorifique donné à certains religieux éminents et aux princes de familles souveraines. Attention : ce nom s’écrit en un seul mot ! Bien que ce titre s’abrège sous la forme Mgr, il ne prend pas de majuscule sous sa forme longue.

Alphonse-Marie Parent : n. pr. m. (1906-1970). Prêtre catholique et éducateur québécois. Auteur du rapport Parent. Attention : le trait d’union est requis dans un prénom composé.

fort : adv. [Soutenu] Très. À ne pas confondre avec le nom homophone for (qu’on retrouve par exemple dans l’expression en son for intérieur).

accort : adj. (s’accorde avec esprit). [Vieux] Habile, adroit. Le féminin accorte (une accorte servante) confirme à l’oral la finale en t du masculin accort. À ne pas confondre avec le nom homophone accord (« harmonie », « entente »).

disait-on : v. dire à l’imparfait de l’indicatif, 3e personne du singulier, suivi du pronom personnel sujet on. Attention : le pronom personnel sujet inversé se joint toujours au verbe avec un trait d’union.

nyctalope : n. Personne affectée par la nyctalopie, c’est-à-dire la faculté de voir la nuit, normale pour certains animaux et anormale pour les personnes.

noirs : adj. noir au masculin pluriel (s’accorde avec yeux). De la couleur propre aux corps dont la surface ne réfléchit pas la lumière.

noisette : adj. inv. D’une couleur brun roussâtre. Quand un nom commun est utilisé comme adjectif de couleur, celui-ci reste invariable.

verts : adj. vert au masculin pluriel (s’accorde avec yeux). D’une couleur se situant entre le bleu et le jaune et qui constitue la couleur dominante de la végétation.

vairons : adj. vairon au masculin pluriel (s’accorde avec yeux). De couleur différente, en parlant des yeux. Attention : l’adjectif vairon provient de vair (« fourrure de petit-gris »), et non de vert !

allez : v. aller au présent de l’impératif, 2e personne du pluriel. Attention à la terminaison ez (et non er ou é) !

perçants : adj. perçant au masculin pluriel (s’accorde avec yeux). Se dit d’une vue d’une grande acuité. Attention : la cédille est requise devant la voyelle a quand le c se prononce « s », et non « k » (comparer perçant et fabricant). La cédille est également requise sous le c qui se prononce « s » devant les voyelles o (leçon) et u (reçu).

perspicaces : adj. perspicace au masculin pluriel (s’accorde avec yeux). Qui est capable de comprendre des choses qui passent inaperçues pour les gens en général. [Par métonymie] Qui témoigne de cette qualité.

discerner : v. Reconnaitre distinctement (des choses qui demeuraient confondues).

voie : n. f. Direction suivie pour atteindre un but. À ne pas confondre avec le nom homophone voix (« sons des cordes vocales », « vote » ou « inspiration »).

Visionnaires : adj. visionnaire au masculin pluriel (s’accorde avec lui et ses diligents collaborateurs). Personne qui possède l’intuition de l’avenir. Attention au double n !

ses : dét. poss. son au masculin pluriel (détermine collaborateurs). Qui appartient ou est lié à lui, elle, cela ou soi. À ne pas confondre avec le déterminant démonstratif homophone ces (« sur qui l’on attire l’attention »). Astuce : au singulier, dans le contexte de la phrase, on dirait son diligent collaborateur (et non ce diligent collaborateur).

diligents : adj. diligent au masculin pluriel (s’accorde avec collaborateurs). Qui travaille avec diligence, c’est-à-dire avec un soin attentif et appliqué. Attention : cet adjectif s’écrit avec un seul l !

au cours d’ : loc. prép. Durant. C’est le nom cours (« suite, évolution dans le temps ») qu’on retrouve dans cette locution. À ne pas confondre avec l’adjectif homophone court (« pas long »).

exigeante : adj. exigeant au féminin singulier (s’accorde avec enquête). Se dit d’une activité, d’un sentiment qui demande beaucoup de qualités, de persévérance. Attention à la séquence gea, nécessaire pour que le g se prononce « j » devant le a (comme dans jalon), et non « g » (comme dans gallon).

se : pron. pers. À ne pas confondre avec le pronom ou le déterminant démonstratif homophone ce (ce sont mes amis, ce chat).

plu : part. passé du verbe plaire. Se plaire à : trouver du plaisir à se trouver quelque part ou à faire quelque chose. Le participe passé plu est toujours invariable, tant avec avoir qu’avec être, en contexte pronominal ou non. À ne pas confondre avec l’adverbe plus (« davantage »).

moult : dét. indéf. (détermine idées). [Vieux] ou [Soutenu] Beaucoup de. Le déterminant moult est toujours pluriel, mais il s’écrit sans s. Il a la même forme au masculin (moult détails) et au féminin (moult idées).

idées : n. f. idée au pluriel. Inspiration, conception, suggestion, produit de l’intelligence dans le domaine de la création artistique, de la connaissance. Le déterminant moult signifie « beaucoup de » ; le nom idée doit donc ici s’accorder au pluriel.

acharnés : part. passé du verbe acharner au masculin pluriel. S’acharner à : persévérer, s’entêter à (quelque chose, à faire quelque chose). Le participe passé en contexte pronominal s’accorde avec le sujet (lui et ses diligents collaborateurs) quand le pronom réfléchi est, comme ici, sans fonction logique.

judicieuses : adj. judicieux au féminin pluriel (s’accorde avec recommandations). Qui montre du jugement.

possible : adj. Qui peut exister, avoir lieu, être fait. Dans l’expression le plus… possible, l’adjectif possible reste invariable, car il découle d’une phrase sous-entendue où il est attribut d’un il impersonnel. Dans les recommandations les plus judicieuses possible, on sous-entend en effet : « les recommandation les plus judicieuses qu’il était possible de formuler ».

censé : adj. (s’accorde avec enseignement). Qui est supposé, considéré comme. À ne pas confondre avec l’adjectif homophone sensé (« qui a du bon sens », « raisonnable »).

succinct : adj. (s’accorde avec style). Bref, court. Attention au double c et à la finale en inct, dont les consonnes c et t sont muettes.

ces : dét. dém. ce au masculin pluriel (s’accorde avec logogriphes). Sur quoi, l’on attire l’attention. À ne pas confondre avec le déterminant possessif homophone ses (« qui lui appartiennent »). Astuce : au singulier, dans le contexte de la phrase, on dirait ce logogriphe (et non son logogriphe).

logogriphes : n. m. logogriphe au pluriel. [Soutenu]. Discours confus, inintelligible.

truffés : adj. truffé au masculin pluriel (s’accorde avec logogriphes). Qui contient beaucoup d’éléments dispersés.

hypallages : n. f. hypallage au pluriel. Figure qui consiste à attribuer à certains mots d’une phrase ce qui convient à d’autres mots de la même phrase. La phrase Une dame sur sa chaise nerveuse constitue une hypallage. Ici, le nom hypallage doit être au pluriel, puisqu’il est le complément de l’adjectif truffé ; un discours truffé d’hypallages contient nécessairement plusieurs hypallages (comme un texte truffé d’erreurs contient nécessairement plusieurs erreurs).

malvenues OU mal venues : adj. malvenu au féminin pluriel (s’accorde avec hypallages). [Soutenu] Qui n’est pas justifié. Graphie recommandée : malvenu (sans espace).

entre autres : loc. adv. Par exemple. La préposition entre requiert logiquement le pluriel autres.

jeté : part. passé du verbe jeter. Mettre en place ; établir. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand le complément direct (les bases) est, comme ici, placé après le verbe.

laïque OU laïc : adj. (s’accorde avec enseignement). Qui ne relève pas de l’Église ou du clergé. Le nom commun peut s’écrire avec un c au masculin (un laïc, une laïque). Dans le cas de l’adjectif, il est recommandé de suivre la tendance générale consistant à employer la graphie laïque au masculin, mais la graphie laïc est acceptée, car elle continue d’être permise par certains dictionnaires.

prôner : v. Recommander sans réserve. Ne pas oublier l’accent circonflexe sur le o !

ministère de l’Éducation : loc. nom. m. Les noms ministère et ministre s’écrivent généralement avec une minuscule. C’est le nom qui suit, c’est-à-dire le domaine du ministère introduit par de, qui prend la majuscule.

cégeps : n. m. cégep au pluriel. Le nom cégep est l’acronyme de collège d’enseignement général et professionnel ; comme nom commun, on l’écrit avec une minuscule et il prend la marque du pluriel.

rapport Parent : loc. nom. m. Rapport (publié en 1963 et en 1964 par la commission du même nom) décrivant la situation du système éducatif de l’époque et prônant sa réforme (création des cégeps, des polyvalentes, de la maternelle publique, etc.). Étant donné que cette expression peut se rapprocher d’un nom propre, on accepte aussi la majuscule à rapport : le Rapport Parent.

laissé : part. passé du verbe laisser. Donner par voie de succession. Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir reste invariable quand le complément direct (un inappréciable legs) est, comme ici, placé après le verbe.

québécois : adj. (s’accorde avec peuple). Du Québec. Le gentilé (ou nom d’habitant) s’écrit avec une minuscule quand on l’emploie comme adjectif.

inappréciable : adj. (s’accorde avec legs). D’une valeur telle qu’on ne saurait trop l’apprécier ; sans prix. Attention au double p !

legs : n. m. [Figuré] Ce qui est laissé en héritage par les générations passées. Attention : le nom legs s’écrit toujours avec un s final (un legs, des legs). Note : legs peut se prononcer comme « lait » ou comme « lègue ».

cet : dét. dém. ce, dans sa forme euphonique cet (détermine héritage). Sur quoi, l’on attire l’attention. Pour des raisons d’harmonie sonore (euphonie), le déterminant masculin ce devient cet quand il précède un mot commençant par une voyelle ou par un h muet ; c’est le cas ici : cet héritage. À ne pas confondre avec la forme féminine cette.

fécond : adj. (s’accorde avec héritage). Qui offre de multiples possibilités de développement. Attention au d final, muet au masculin, mais audible au féminin (une terre féconde).

hymne : n. m. Chant ou poème lyrique qui célèbre quelqu’un ou quelque chose. Attention : le nom hymne est masculin quand il ne désigne pas un chant religieux.

inspiré : adj. (s’accorde avec hymne, masculin). Fervent, passionné, vibrant.

quiscales : n. m. quiscale au pluriel. Grand oiseau passereau d’Amérique, au plumage noir et brillant. Attention : le nom quiscale est masculin ! Note : on le prononce comme « cuisse-cal ».

troglodytes : n. m. troglodyte au pluriel. Petit passereau insectivore, à corps arrondi, à queue courte et relevée, construisant un gros nid couvert.

engoulevents : n. m. engoulevent au pluriel. Oiseau insectivore nocturne ou crépusculaire, au chant ronronnant, appartenant à l’ordre des micropodiformes, bas sur pattes, au plumage brun-roux, qui attrape ses proies en volant le bec ouvert.

s’égosillant : v. pron. s’égosiller au participe présent. Chanter longtemps et fort.

telles : adj. tel au féminin pluriel (s’accorde avec mezzosopranos). Pareil, semblable. Quand il est suivi d’un nom et qu’on l’emploie pour introduire une comparaison, l’adjectif tel s’accorde avec ce nom. Dans cet emploi, le verbe être est sous-entendu et tel est en fait l’attribut du nom qui le suit. Ici, on écrit que les oiseaux s’égosillent, et on considère que des mezzosopranos sont telles (« ainsi »), c’est-à-dire que des mezzosopranos, elles aussi, s’égosillent.

mezzosopranos OU mezzos-sopranos OU mezzo-sopranos : n. f. mezzosoprano au pluriel. Cantatrice qui a une voix de mezzosoprano. Le nom mezzosoprano existe aussi au masculin ; il réfère alors à une voix de femme, qui se situe entre le soprano et le contralto, plus étendue que le soprano. Dans la présente dictée, le nom fait référence à des personnes, puisqu’on y écrit qu’elles s’égosillent ; il s’agit donc du nom féminin, et non du nom masculin (une voix ne peut pas s’égosiller !). Graphie recommandée : mezzosoprano (sans trait d’union).

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